Guides de la fiscalité des particuliers

Succession et donation : l’essentiel à connaître

La succession s’ouvre au décès : on règle les dettes, on identifie les héritiers, on partage les biens et, si besoin, on paie des droits de succession.

La donation est une transmission de son vivant, gratuite, d’un bien (argent, immobilier, titres, etc.). Elle peut déclencher des droits de donation selon le lien de parenté et les abattements.

On ne peut pas librement donner ou léguer 100% de son patrimoine si l’on a des héritiers réservataires (principalement les enfants).

  • Réserve héréditaire : part du patrimoine réservée par la loi à certains héritiers.
  • Quotité disponible : part restante dont on peut disposer librement (par testament ou donation).

Concrètement, plus on a d’enfants, plus la part “disponible” diminue (ex. 3 enfants → quotité disponible = 1/4).

Le notaire est-il obligatoire ?

Oui dans certains cas, notamment si la succession comprend un bien immobilier.

Délais fiscaux à connaître

Les héritiers ont en général :

  • 6 mois pour déposer la déclaration de succession et payer les droits si le décès a lieu en France,
  • 12 mois si le décès a lieu à l’étranger.

Accepter ou refuser la succession

Un héritier peut :

  • accepter,
  • renoncer,
  • ou accepter à concurrence de l’actif net (utile si on craint des dettes).
    Sans contrainte, vous avez jusqu’à 10 ans pour se prononcer ; au-delà, vous êtes réputé avoir renoncé.

Le calcul suit généralement cette logique :

  1. on détermine la part revenant à chaque héritier,
  2. on applique un abattement selon le lien de parenté,
  3. puis un barème (taux progressifs) sur la part taxable.

Le barème en ligne directe (enfants / parents)

Pour les transmissions en ligne directe, le barème (CGI art. 777) est progressif de 5% à 45% selon des tranches (8 072 €, 12 109 €, 15 932 €, etc.).

Quelques repères d’abattements fréquents

  • Parent → enfant : 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans.
  • Abattement “handicap” : 159 325 € (peut se cumuler avec d’autres abattements selon les cas).

À retenir : les règles et montants varient selon le lien (enfant, frère/soeur, neveu/nièce, non-parent…), et les taux montent vite quand on sort de la ligne directe.

Types de donations courantes

  • Don manuel (argent, chèque/virement, bijoux…) : souvent simple, mais peut être déclaré et taxable selon les règles.
  • Donation notariée (souvent pour l’immobilier, ou pour sécuriser/organiser).
  • Donation-partage : permet de donner et répartir entre héritiers présomptifs, en “pré-partageant” une partie de la succession.

Le “rappel fiscal” : la règle des 15 ans

Pour calculer les droits dus lors d’une donation, on tient compte des donations entre les mêmes personnes sur les 15 dernières années (abattements renouvelables à l’issue).

Don familial de somme d’argent : une exonération spécifique (si conditions)

Il existe une exonération pour certains dons de sommes d’argent sous conditions d’âge et de lien familial (ex. donateur < 80 ans, bénéficiaire majeur, etc.).


Par ailleurs l’administration fiscale rappelle aussi l’exonération de 31 865 € dans certains cas (selon situation et cadre légal).

Mesure temporaire : dons d’argent pour immobilier (jusqu’au 31/12/2026)

Nota: il existe un dispositif d’exonération temporaire pour certains dons d’argent intra-famille liés à un projet immobilier, applicable jusqu’au 31 décembre 2026, avec des plafonds (ex. 100 000 € par membre de la famille, 300 000 € au total pour le projet)

L’assurance-vie a un régime fiscal spécifique au décès, avec notamment :

  • un abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur certaines primes, puis un prélèvement de 20% jusqu’à 700 000 € et 31,25% au-delà (règles liées à l’article 990 I du CGI).

Important : selon la date de souscription, l’âge au versement des primes et d’autres paramètres, le régime peut changer. Pour les cas concrets, un notaire ou un conseiller patrimonial évite les erreurs de déclaration.

Oublier les délais de déclaration (6/12 mois) → intérêts/majorations possibles.

Sous-estimer l’impact des donations passées (règle des 15 ans).

Penser qu’on peut “déshériter” ses enfants en France : la réserve limite la liberté.

Croire que le notaire est optionnel même avec un bien immobilier : il est obligatoire dans ce cas.

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    Les informations contenues dans cette page sont fournies à titre purement informatif et prennent en compte l'état du droit existant au jour de leur publication. Elles peuvent faire l’objet de modifications en fonction des évolutions législatives et réglementaires. Elles ne prétendent pas à l’exhaustivité et ne doivent pas déterminer à elles seules l’opportunité de réaliser une opération ou un investissement. Seule l'analyse de votre situation patrimoniale personnelle peut vous permettre de prendre une décision éclairée.

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