Au début de l’année 2025, la France a mis en œuvre plusieurs mesures visant à réguler les locations meublées touristiques de type Airbnb, dans le but de rééquilibrer le marché immobilier et de faciliter l’accès au logement pour les résidents permanents.
La réduction des avantages fiscaux
Une réforme fiscale a été adoptée pour diminuer les abattements fiscaux accordés aux propriétaires de meublés touristiques. Pour les locations meublées non classées, l’abattement forfaitaire est passé de 50 % à 30 %, avec un plafond de loyers réduit de 77 700 euros à 15 000 euros. Les meublés classés conservent un abattement de 71 % jusqu’à 188 700 euros, voire 92 % dans certaines zones non tendues, sous conditions. Cette mesure vise à inciter les propriétaires à privilégier la location longue durée plutôt que la location saisonnière.
Le renforcement des pouvoirs des collectivités locales
La législation a été modifiée pour permettre aux maires d’instaurer des quotas de locations saisonnières dans leur commune et de réduire le nombre maximal de jours de location touristique d’une résidence principale de 120 à 90 jours par an. Par exemple, la ville d’Annecy, confrontée à une prolifération de meublés touristiques représentant jusqu’à 30 % des logements dans certaines zones, a utilisé ces nouveaux outils pour limiter le nombre de locations saisonnières et préserver l’habitat permanent.
Des initiatives locales de régulation
Certaines communes ont pris des mesures spécifiques pour encadrer les locations touristiques. La vallée de Chamonix-Mont-Blanc, par exemple, a instauré un système d’autorisation limitée pour chaque logement loué en courte durée, avec des quotas variant selon les communes. Cette initiative vise à freiner la hausse des prix de l’immobilier et à atténuer la crise du logement pour les résidents permanents.
Les actions en justice contre les plateformes
Des hôteliers français ont intenté une action en justice contre Airbnb, accusant la plateforme de “distorsion de concurrence” en raison de la présence d’annonces illégales et du non-respect des réglementations locales. Cette démarche reflète les tensions croissantes entre les acteurs traditionnels de l’hôtellerie et les plateformes de location en ligne.
Pour quels effets observés sur le marché immobilier ?
Face au durcissement du cadre légal, de nombreux propriétaires se retrouvent à revoir leur stratégie locative. La baisse des avantages fiscaux, combinée à la mise en place des quotas ou d’autorisations limitées, a rendu les locations de courte durée moins rentables – voire trop contraignantes.
Certains, notamment les petits investisseurs ou ceux ayant acquis un bien spécifiquement pour la location saisonnière, choisissent tout simplement de remettre leur logement en location longue durée. Cela leur évite les démarches administratives et leur assure une stabilité de revenus, même si la rentabilité brute est parfois moindre.
D’autres, notamment dans les zones fortement saturées ou devenues très restrictives comme Annecy ou Chamonix, optent pour la revente pure et simple de leur bien. Cette tendance est aussi portée par une anticipation d’un plafonnement ou d’une interdiction future de louer en courte durée.
Ce double mouvement – retour à la location classique et ventes – a commencé à produire des effets mesurables sur le marché.