Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 fixe un cap clair : réduire le déficit public pour le ramener autour de 5% du PIB en 2026, dans un contexte de croissance modérée et de dette élevée. Au-delà des chiffres, ce budget 2026 combine mesures fiscales (particuliers et entreprises), rationalisation des dépenses et effort partagé avec les collectivités locales.
PLF 2026 : objectif déficit public et trajectoire des finances publiques
Le gouvernement prévoit en 2026 une croissance de 1% et une inflation de 1,3%, avec une trajectoire visant à ramener le déficit public autour de 5% du PIB (et sous 3% à l’horizon 2029), tandis que la dette publique se rapprocherait de 118% du PIB.
Ce que cela signifie concrètement :
- Un budget construit sur une hausse ciblée de recettes fiscales et une maîtrise des dépenses, hors hausse forte sur certains postes jugés prioritaires (défense, sécurité, justice, éducation…).
- Une volonté d’obtenir des résultats rapides via des mesures à effet immédiat (fiscalité, niches, taxes sectorielles).
Impôts 2026 : ce qui change pour les particuliers
Impôt sur le revenu : pas “d’année blanche”, revalorisation du barème
Initialement, le PLF prévoyait un gel du barème de l’impôt sur le revenu (mesure souvent appelée “année blanche”). Finalement, le gouvernement renonce au gel et retient une revalorisation du barème en tenant compte de l’inflation (mentionnée à 0,9% dans le texte final).
Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) prolongée
La CDHR, créée en 2025, est prolongée : elle vise à garantir un taux moyen minimum d’imposition pour les foyers les plus aisés. Dans la version finale, elle est prolongée jusqu’au retour du déficit sous 3% du PIB.
Nouvelle taxe sur les “holdings patrimoniales” : anti-optimisation
Le PLF 2026 instaure une taxe sur le patrimoine financier ciblant certains actifs passifs détenus via des holdings, pour contrer des stratégies de contournement de l’impôt. Dans le texte final, son champ est resserré (conditions plus strictes, seuil de patrimoine, actifs non opérationnels, exclusion de certains actifs comme la trésorerie et certains objets d’art/collection).
Retraites : maintien de l’abattement de 10%
Le gouvernement envisageait de remplacer l’abattement de 10% sur les pensions par un forfait. Cette réforme n’est finalement pas retenue : l’abattement reste en place dans la version votée.
Dons “Coluche” : plafond relevé
Le dispositif de réduction d’impôt à 75% pour les dons aux associations d’aide aux plus démunis est assoupli, avec un plafond porté à 2 000 € par an (au lieu de 1 000 € auparavant).
Taxes et consommation : colis, tabac, vapotage, titres de séjour
Parmi les taxes notables :
- Taxe “petit colis” de 2 € sur les envois de faible valeur provenant de l’étranger hors UE, en ciblant notamment la concurrence des grandes plateformes extra-européennes.
- Hausse des timbres fiscaux sur certaines démarches (première demande ou renouvellement de titres de séjour, selon le texte).
- En revanche, le gouvernement renonce à réviser la fiscalité tabac et à créer une taxe spécifique sur les liquides de vapotage dans la version finale.
Entreprises : surtaxe sur les grands groupes, IR-PME, CVAE… ce que prévoit le budget 2026
Contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises (CEBGE)
La surtaxe créée en 2025 est prolongée en 2026, avec un rendement annoncé d’environ 7,5 Md€ et un champ recentré : elle s’applique aux entreprises dont le chiffre d’affaires atteint au moins 1,5 Md€ (environ 300 groupes), sans les ETI en 2026.
Pacte Dutreil : encadrement renforcé
Le texte final durcit certaines conditions pour bénéficier de l’avantage “pacte Dutreil” sur les transmissions d’entreprises, en excluant les biens non exclusivement affectés à l’activité professionnelle et en allongeant certaines durées de conservation d’actifs.
IR-PME / “Madelin” : retour à la version initiale
Les ajustements de la réduction d’impôt IR-PME (dite “Madelin”) sont rétablis dans leur version initiale.
CVAE : la suppression progressive n’est pas anticipée
Alors que des versions précédentes évoquaient une reprise de la suppression progressive de la CVAE, la version finale ne contient pas de disposition permettant de l’anticiper.
Dépenses publiques 2026 : effort d’économies, mais hausse des “priorités de la Nation”
Le PLF 2026 vise un effort d’environ 12 Md€ (0,4 point de PIB) pour tenir la trajectoire de déficit, principalement via la maîtrise des dépenses de l’État et de ses opérateurs. Budget de l’Etat 2026 Projet de…
Budgets en hausse : Défense, Intérieur, Justice, Éducation
- Défense : budget annoncé à 57,1 Md€ avec une hausse de plus de 6 Md€, et des créations de postes.
- Intérieur et Justice : crédits en hausse et effectifs renforcés, notamment contre criminalité organisée et narcotrafic.
- Éducation et recherche : hausse des crédits, réforme de la formation/recrutement, créations de postes, dont des moyens supplémentaires (AESH notamment).
Prestations : APL indexées, prime d’activité revalorisée
- Le gel des prestations sociales (dont APL) est abandonné : elles seront indexées sur l’inflation.
- La prime d’activité est revalorisée (en moyenne +50 €), pour un coût annoncé de 700 M€.
Aide médicale d’État (AME) : réintégration de crédits
Après des modifications discutées au Parlement, le texte final réintègre une partie des crédits (mention de 200 M€ réintégrés).
Collectivités locales : contribution à l’effort et dispositifs maintenus
Les collectivités sont associées au redressement avec, en parallèle, une volonté de réduire le “poids des normes” et de soutenir les territoires les plus fragiles (fonds de sauvegarde renforcé, accompagnement des événements climatiques).
Dans la version finale :
- La DGF est maintenue à son niveau de 2025.
- Le dispositif Dilico (lissage conjoncturel) est maintenu en 2026, avec un effort réduit et exonération des communes.
- Création/confirmation d’une prime régalienne annuelle de 500 € pour les maires.
- Mise en place d’un régime d’assurance et d’un fonds de mutualisation pour indemniser les collectivités en cas de dommages liés à des émeutes.